Tout sur les prochaines productions Xilam

Tout sur les prochaines productions Xilam

Valeur sûre dans le secteur de l’animation, Xilam Studio dont l’une des succursales est basée à Lyon, prévoit quatre nouvelles productions créées en partie au Pôle Pixel, dont deux déjà en diffusion. Une activité qui, si elle est impactée par la crise sanitaire actuelle du coronavirus, continue vaille que vaille dans l’attente prochaine du déconfinement.

 

La crise actuelle pèse bien entendu sur beaucoup de nos collègues et partenaires des métiers de l’image, des studios aux sociétés de production. Cependant, s’il est une partie de la filière image qui, par son agilité et la multiplicité de ses activités, ses différentes situations géographiques et ses spécificités techniques, pâtit sans doute un peu moins de l’obligation de confinement actuelle, c’est bien celle de l’animation. A l’exemple de Xilam, la fameuse maison d’Oggy et les Cafards (Prix Export 2020) et du merveilleux J’ai perdu mon corps, le film multi-récompensé de Jérémy Clapin, dont la branche lyonnaise annonce pas moins de quatre projets en prévision.

 

Passage en revue avec Roxane Astier, directrice de studio à Xilam Lyon, qui a bien voulu répondre à nos questions.

 

Un crocodile et le général De Gaulle … à la plage !

 

Roxane Astier : « Nous sommes en train de finaliser deux productions en 2D qui ont des cibles vraiment différentes :

Moka le petit crocodile, une série jeune public réalisée pour France Télévision, dont une partie est déjà en diffusion sur Gulli, et l’adaptation d’une bande-dessinée de Jean-Yves Ferri, De Gaulle à la plage pour Arte. Ce sont deux projets originaux, le premier raconte les aventures d’un petit crocodile qui veut devenir roi et son mentor, Cerise, le rhino. La série compte un peu plus de 70 épisodes, elle se termine fin mai. Nous sommes donc sur les derniers épisodes, les premiers sont déjà en diffusion. Pour De Gaulle à la plage, qui raconte un épisode imaginaire de la vie de cet homme politique lassé de l’ingratitude des Français et de la médiocrité des dirigeants, nous sommes sur un petit format de trente épisodes de deux minutes. »

 

Découvrir un extrait de Moka le petit crocodile


Un spin-off d’Oggy pour Netflix

Les fans d’Oggy et leurs parents seront heureux d’apprendre que Xilam vient de se lancer dans la production de sa première série entièrement réalisée en images de synthèse. Ce spin-off, adapté de la franchise à succès, racontera l’enfance d’Oggy mais sans les cafards. Toujours en 3D, Xilam avance également sur Pfffirates (layout, animation, composing et rendu), un projet de Cube Creative qui scelle la collaboration entre les deux sociétés (Xilam a acquis le studio de production de films d’animation en images de synthèse “Cube Creative” en janvier 2020).

 

 

La fabrication d’une série chez Xilam

Société tri-partite, Xilam répartit sa production sur trois sites. «La maison-mère est à Paris, explique la directrice des studios lyonnais, et nous avons deux studios de fabrication en France, un à Angoulême, un à Lyon. Nous sommes présents dans la région lyonnaise depuis quatre ans. Nous n’y fabriquons qu’une partie de ce que Xilam produit ; d’autres parties sont faites en Charente, et en Asie ».

 

Concrètement, comment se répartissent les productions ? «Tout ce qui est pré-production et création, du scénario se fabrique à la maison-mère à Paris. Les deux studios de région se chargent de la fabrication. A Lyon, nous travaillons sur une série du layout au compositing, en gros. La post-production est aussi faite à Paris. Le choix de répartition d’une série sur un studio ou un autre, se fait très logiquement : en fonction du plan de charge, autour d’une réflexion collective selon l’emploi du temps et les tâches en cours des uns et des autres. En fonction également des talents et de l’opportunité du moment, ainsi que du plan d’occupation des studios. » explique Roxane Astier.

 

Retour sur J’ai perdu mon corps

Curieux, on ne peut s’empêcher de demander à la responsable quelle part de travail a été attribuée au studio lyonnais pour J’ai perdu mon corps ; le film d’animation multi-récompensé de Jérémy Clapin (Grand prix de la Semaine de la critique à Cannes, César du meilleur film d’animation et meilleure musique originale, Annie Award du Meilleur film indépendant, Annie Award du Meilleur scénario pour Jérémy Clapin & Guillaume Laurant et Annie Award de la Meilleure musique pour Dan Levy, Cristal du long métrage au Festival du film d’animation d’Annecy, NDA).

« Sur J’ai perdu mon corps, nos studios à Lyon ont travaillé sur le layout, l’animation 2D (c’est une anime 3D retracée 2D), les décors et le rendu. L’ensemble s’est articulé entre trois studios, Paris pour toute la création (scénario, le storyboard, etc.), l’animation 3D à la Réunion, et tout le reste – du layout au rendu à Lyon. », ajoute l’intéressée.

 

L’animation en temps de confinement

On l’a déjà dit, le secteur de l’animation est certes un peu moins touché que celui du cinéma traditionnel (voir notre article Impact du covid-19 sur le secteur de l’image en Auvergne-Rhône-Alpes) mais les problèmes persisteront certainement encore longtemps. Pour beaucoup de studios, l’incertitude fait que la gestion du présent peut encore s’envisager au jour le jour, mais se projeter dans le futur est plus difficile.


Roxane Astier : « 
A Xilam, tout le monde est en télétravail, ça n’est pas facile. Il y a beaucoup de choses en suspend, nous sommes en mode dégradé actuellement, mais nous y arrivons dans l’ensemble. Nous avons la chance d’avoir un très bon support informatique qui nous a permis de continuer vaille que vaille les séries en cours. Pour le démarrage des nouvelles séries c’est beaucoup plus compliqué. Continuer quelque chose de déjà en place est encore possible, mais partir sur de nouveaux projets dans l’état actuel est vraiment difficile. La 3D à distance peut s’avérer très gourmande en bande passante : le rendering est souvent très long. De ce fait j’aimerais vraiment que nous soyons de retour en studio le 11 mai. Ceci étant la période n’est pas fameuse, et nous risquons d’en ressentir l’impact encore de longs mois. »

 

Propos recueillis par Maxence Grugier.

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