Actualité d’iMagista, agence de production résiliente

Co-fondée par Martin Rivarel et Alexander Viollet, iMagista est une agence de production audiovisuelle implantée sur Paris, Lyon et la Côte d’Azur. Active à l’échelle nationale et internationale depuis sa création, l’agence est aux services des entreprises, collectivités, d’autres agences et organisations, mais produit également des courts métrages de fiction, des vidéos musicales et des documentaires. Récemment invitée à réaliser une série de courts films publicitaires par le leader du revêtement de sol éco-responsable, iMagista invente une forme à mi-chemin entre le documentaire et la communication corporate. Entretien avec Martin Rivarel, co-fondateur et producteur chez iMagista.

 

L’activité de production audiovisuelle en 2020 et 2021 n’est certes pas facile. Elle n’est pour autant pas à l’arrêt, comme nous le confirme Martin Rivarel, directeur d’iMagista à Villeurbanne : « Avant d’aborder l’actualité d’iMagista, je voudrais insister sur le fait que le premier confinement a été plutôt actif : nous avons su rebondir sur des productions digitales, de motion design et de live Facebook. Pour le second, les activités de tournage n’étant pas interrompues, nous avons pu heureusement continuer notre activité. Nous avons tourné intensément en octobre et en novembre dans différentes régions de France, à Paris, en Bourgogne, dans le Bordelais et dans les Hautes-Alpes, pour la production d’un film de marque pour Forbo, une société Suisse-Allemande spécialiste du revêtement de sols et concurrente de Gerflor. »

 

 

Du revêtement oui, mais sain et éco-responsable

 

« Forbo, dont le siège est à Amsterdam, s’est engagée depuis des années dans la production d’un revêtement de sols éco-responsable, durable et sain à partir de 97% de matière première naturelle qui vient remplacer le lino plastique », nous explique le dirigeant d’iMagista. « Le produit s’appelle le marmoleum et il est créé à partir d’huile de lin, de craie, de résine de pin, de poudre de bois et de jute tressée sous la surface. Tout le processus de production de cette matière est décarbonée, sans compensation (sans achat de crédits carbone, NDA). » Une initiative « écologique » comme on en voit souvent aujourd’hui dans l’industrie, mais qui ne date pas d’hier pour Forbo. « L’entreprise propose ce produit depuis un moment, raconte Martin Rivarel, mais il ne communiquait pas dessus auparavant. Avec les préoccupations actuelles des consommateurs envers l’environnement, ils ont pensé qu’il était important de mettre en avant leur initiative et surtout les matières premières ».

La création

 

La société Forbo demande donc à iMagista la production d’un film axé sur l’émotion, avec des capsules de 30 secondes adaptées. Martin Rivarel : « Pour cela il voulait un vrai film, cinématique en opposition aux canons corporate classiques. Il fallait réaliser un film qui décrive les origines des matières premières brutes utilisées et les personnes qui les fabriquent. Nous avons ainsi embauché des comédiens et non des agriculteurs ; mais nous avons enquêté et respecté toute la chaine de production, captée dans leurs environnements d’origine, comme les champs de lin, les carrières de craie ou les forêts d’exploitation pour la poudre de bois. »

 

Un format hybride qui n’effraie pas la société lyonnaise, déjà à l’origine de nombreuses fictions : « iMagista produit aussi des courts métrages et c’est ce qui nous a attiré également dans ce projet en plus de la dimension environnementale et le ton « Manifesto ». L’angle esthétique désiré par Forbo était clairement quelque chose que nous savons faire et qui nous plait.

 

Nous avons confié la réalisation à Thibault Maurel de Maillé, réalisateur Lyonnais, vivant désormais sur Paris, qui a tout de suite su capter la vision de la marque, construire une narration visuelle captivante avec une nature et des humains glorifiés, rendus presque iconiques.

Nous avons pu tourner avec des optiques anamorphiques, et avec la sensibilité visuelle que nous voulions avec Alexander Viollet, Chef-Opérateur. Nous étions une équipe d’une dizaine de personnes, plus des comédiens castés pour le projet. », explique l’intéressé.

 

> Voir le film Forbo

 

 

Des conditions de tournage compliquées

 

« Nous avons eu la chance de pouvoir tourner pendant le 2e confinement mais cela a demandé beaucoup d’investissements, financiers parfois et personnels aussi. La commande exigeait que nous allions visiter tous les sites de production et rencontrions tous les producteurs, nous avons donc dû nous déplacer, à Amsterdam, en France, dans les conditions particulières de restrictions sanitaires que nous vivons. Le seul endroit où nous n’avons pas pu nous rendre à cause du COVID fut l’Inde, où ils produisent de la jute. Nous avons donc du faire appel à un producteur exécutif et un chef opérateur sur place, qui a constitué une équipe locale. C’était une belle collaboration, mais il fallait tout vérifier afin que les règles techniques et matérielles et les standards de tournage ou de rendus soient raccord avec les nôtres. Notre partenaire était béton, et nous sommes très satisfaits du résultat, mais avec la distance c’était extrêmement énergivore et chronophage. Pour le reste nous avons tout tourné en France, avec des acteurs et des paysages qui convenaient parfaitement à ce que nous voulions réaliser », conclut le jeune producteur.

 

iMagista, deux films en cours : entre fiction et documentaire

 

iMagista vient également de produire « Les derniers enfants du Causse » (2019), un court-métrage de vidéo danse, encore un format hybride qui a aujourd’hui le vent en poupe. Tourné dans le Lot, et accompagné par l’Atelier Medicis et l’aide à la production de la Région Occitanie, ce court-métrage raconte l’histoire d’une école du Lot qui ferme ses portes. « La mise en scène raconte la disparition de cette école avec des enfants qui n’étaient pas danseurs à l’origine mais qui ont fait sur plusieurs semaines un atelier chorégraphique avec le chorégraphe-réalisateur Fu Le. Au lieu de faire un spectacle de fin d’année ils ont pu présenter cette histoire dans un film dansé filmé avec du matériel de cinéma,tourné en plan séquence de 12 minutes. La narration se fait principalement par le mouvement des corps et la chorégraphie » développe Martin Rivarel. Il tourne actuellement dans les festivals.

 

 

Voir le Trailer : « The Last Children / Les derniers enfants du causse » :

 

Paysans Particuliers

 

iMagista développe également un documentaire de création intitulé Paysans Particuliers, écrit et réalisé par Jonathan Caron (qui sort tout juste de l’Atelier Documentaire de la FEMIS, avec ce projet). Le sujet prend place dans la ferme de Dienet à Saint-Paul-de-Varax, dans l’Ain. Une ferme perdue au cœur des Dombes qui est aussi un ESAT, Etablissement et service d’aide par le travail. Le lieu accueille des personnes en situation de handicap, géré par et avec des personnes empêchées. Martin Rivarel raconte : « Ils y produisent une agriculture raisonnée, font leur maraichage, un peu en autarcie, comme une société dans la société. C’est un lieu très particulier qui a vraiment touché Jonathan (Caron, NDA). Chacun a son histoire. Nous nous sommes dit qu’il y avait matière à sujet. Nous sommes donc sur la production d’un documentaire de 90 minutes, avec, on espère, un accompagnement de la région Rhône-Alpes-Auvergne puisque c’est un sujet très ancré dans le territoire ».

 

 

 

Paysans Particuliers

 

Propos recueillis par Maxence Grugier

X